L’impact du sport sur notre empreinte carbone au quotidien

Un match de football professionnel propulse dans l’atmosphère autant de CO2 qu’un vol Paris-New York pour une centaine de passagers. À Tokyo, les Jeux olympiques de 2021 ont généré plus de deux millions de tonnes de CO2, la majeure partie provenant des déplacements internationaux et de constructions éphémères.Certains championnats imposent désormais des limites d’émissions aux clubs, là où d’autres poursuivent la course à de nouveaux stades sans plan concret de compensation carbone. Les fédérations sportives cherchent leur équilibre, tiraillées entre la soif de spectacle et la nécessité de réduire leur impact sur l’environnement.

Pourquoi les grands événements sportifs internationaux pèsent lourd dans le bilan carbone mondial

Difficile de passer à côté de la réalité : le bilan carbone des grandes compétitions atteint des niveaux vertigineux. Jeux olympiques, Coupes du monde, championnats continentaux… Chaque édition ajoute son lot d’émissions, les gaz à effet de serre s’accumulant à mesure que les exploits sportifs s’enchaînent. Football, rugby, athlétisme, tous les sports à grand spectacle partagent ce fardeau. La Coupe du monde au Qatar et les Jeux de Tokyo l’ont montré sans détour : le sport à grande échelle s’accompagne systématiquement d’une empreinte environnementale démesurée.

Dès les premières étapes, la mécanique des déplacements de masse s’enclenche : spectateurs venus du monde entier, logistique tentaculaire, hébergements, éclairage parfois surdimensionné… Avant même le coup d’envoi, la machine à émissions s’emballe. Les événements sportifs internationaux orchestrent une circulation inédite d’avions, bus et trains. Conséquence immédiate : les émissions de gaz à effet de serre s’envolent. Prenons un match de football européen de premier plan : rien que pour la mobilité, les transports peuvent représenter plusieurs centaines de tonnes équivalent CO2. Au Qatar, la Coupe du monde 2022, même avec des infrastructures regroupées, n’a pas échappé au phénomène : la moitié des matériaux et denrées ont traversé la planète, gonflant encore le bilan carbone.

En France et en Europe, les organisateurs affichent désormais les objectifs de développement durable dans leurs projets. Pourtant, la tentation de la démesure reste forte : stades éphémères, nouvelles constructions, équipements XXL alourdissent le carbone des événements sportifs. Les orientations d’aujourd’hui pèsent lourdement sur la place du sport dans la trajectoire du changement climatique mondial.

Quelles sont les principales sources d’émissions lors d’une compétition sportive ?

Dès la préparation d’une compétition, la facture carbone s’envole. L’élément numéro un ? Le transport des spectateurs. Avions, voitures, trains, bus : chaque trajet pèse sur le total des émissions. L’Ademe le rappelle : pour un match de football, les déplacements du public peuvent peser jusqu’à 80 % dans le total des émissions de gaz à effet de serre. L’envergure de l’événement augmente la complexité logistique et multiplie les trajets, qu’ils concernent les équipes, les journalistes ou les supporters.

Arrivent ensuite les infrastructures sportives. Construire, entretenir, chauffer ou illuminer les stades demande des ressources considérables. Les Jeux olympiques ou les Coupes du monde laissent souvent derrière eux des complexes trop vastes, synonymes de pollution et de pressions sur la biodiversité. À cela s’ajoutent les montagnes de déchets : gobelets, emballages, textiles à usage unique. Aujourd’hui encore, la gestion et la valorisation de ces déchets ne sont pas à la hauteur des besoins.

Enfin, sur place, l’alimentation et les boissons distribuées au public s’ajoutent à la note : chaque casse-croûte, chaque boisson vendue dans les tribunes transporte avec elle le coût carbone de sa production, de sa livraison et du traitement des invendus. Bien au-delà du simple résultat sportif, c’est l’ensemble du secteur qui se retrouve impliqué dans la lutte contre le changement climatique.

Des solutions concrètes pour réduire l’empreinte carbone du sport à grande échelle

Devant l’ampleur du constat, les organisateurs et institutions ne peuvent plus fermer les yeux : le développement durable s’impose dans toutes les stratégies. Premier axe : le transport. La mobilité douce prend de l’ampleur. Mieux vaut privilégier le train, promouvoir le covoiturage, renforcer les lignes de bus… Pour les Jeux olympiques de Paris, la SNCF multiplie les offres adaptées, et plusieurs fédérations incitent désormais leurs supporters à choisir des modes de déplacement moins émetteurs de gaz à effet de serre.

Les stades et enceintes sportives suivent la tendance. Rénovation énergétique, installations de panneaux solaires, récupération d’eau de pluie : la transition s’accélère. Le réemploi d’équipements, la mutualisation des infrastructures, la réduction du nombre de constructions neuves sont autant de leviers prônés par des organismes comme le Shift Project ou l’Ademe.

Du côté de la restauration, la dynamique change : moins de viande, davantage de produits locaux et de saison, disparition progressive du plastique jetable. Certaines manifestations expérimentent la compensation carbone, mais la priorité reste de limiter les émissions dès l’origine, et non de rattraper le coup après coup.

Des labels comme Fair Play For Planet ou « Play for Planet » fixent de nouveaux référentiels pour les organisateurs. À chaque étape, le sport tente de relever le défi climatique, sans pour autant sacrifier l’enthousiasme ni la ferveur collective qui font vibrer les foules.

activité sportive

Vers une pratique sportive plus responsable : le rôle de chacun dans la transition écologique du sport

Le sport durable prend désormais toute sa place dans les habitudes. Certains athlètes montrent la voie. Innes Fitzgerald, par exemple, a refusé de prendre l’avion pour limiter son empreinte carbone : un geste fort qui marque les esprits, bien au-delà du cercle sportif. Mais la transition vers un sport plus responsable ne repose pas uniquement sur les têtes d’affiche. Chaque pratiquant a un rôle à jouer : tri des déchets, adoption d’une gourde réutilisable, choix de vêtements en textile recyclé, matériel de seconde main… autant de gestes concrets pour alléger l’empreinte de sa pratique sportive.

Les organisateurs d’événements sportifs et les fédérations sportives multiplient les initiatives pour sensibiliser et mobiliser licenciés, bénévoles ou supporters. Les campagnes conjointes avec le WWF en témoignent : l’action collective prend forme. De nombreux clubs réinventent leur fonctionnement : déplacements en mobilité douce pour les équipes, encouragement au covoiturage, gestion raisonnée de l’eau et de l’énergie, restauration locale et végétale lors des rencontres.

Pour inscrire sa pratique dans une démarche plus responsable, voici quelques gestes à privilégier :

  • Privilégier le vélo ou la marche pour se rendre sur les lieux d’activité sportive
  • Réduire la quantité de déchets produits lors des séances et compétitions
  • Soutenir les initiatives locales pour préserver la biodiversité autour des installations sportives

La transformation écologique du sport avance, portée par une multitude de choix quotidiens, sans renoncer à la performance ni à l’énergie du collectif. Désormais, conjuguer passion et respect de l’environnement n’a plus rien d’une chimère : à chaque compétition, l’avenir se joue aussi bien sur la ligne d’arrivée que dans les coulisses du stade.

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